taxonID	type	description	language	source
6565B201FFD5E95BFC85FD987BE0D258.taxon	description	MATÉRIEL EXAMINÉ. — MNHN: 1 dentaire gauche (Augé 2001: fig. 2.8, PMT 1); 2 dentaires droits (Fig. 1 A-C, PMT 26 - 27); 1 dentaire gauche avec portion de splénial (Fig. 1 D, PMT 28); 41 dentaires gauches, 39 dentaires droits, incomplets pour la plupart (PMT 56 - 60). 1 maxillaire gauche incomplet (Augé 2001: fig. 2.9, PMT 3); 1 maxillaire droit incomplet (Augé 2001: fig. 2.10, PMT 4); 1 maxillaire gauche incomplet (Fig. 1 E-G, PMT 29); une trentaine de maxillaires incomplets (PMT 60 - 65). Quelques prémaxillaires (Fig. 2, PMT 30); 1 frontal (Augé 2001: fig. 2.7, PMT 2); 4 frontaux (PMT 66 - 67); 1 pariétal incomplet (Fig. 1 H, I, PMT 31); quelques vertèbres dorsales et caudales (PMT 68 - 69). Collections privées examinées: 8 dentaires gauches, 6 dentaires droits, une partie antérieure de maxillaire gauche (coll. Société laonnoise et axonnaise de paléontologie). 4 dentaires gauches, 4 dentaires droits (coll. Sabatier). 1 dentaire gauche, une partie postérieure de maxillaire (coll. Dupuis). Au moins 56 individus présents. DIAGNOSE ÉMENDÉE (d’après Rossmann 2000 a, cet auteur donne aussi la liste complète des synonymies pour l’espèce). — Longueur museau-cloaque inférieure au tiers de la longueur totale; rapport dimension de l’orbite à celle du crâne = 1 / 3 à 1 / 3,5; pariétal portant une crête en forme de Y; lacrimal présent; ornementation sur la surface dorsale du frontal très effacée; suture du sulcus Meckeli visible; 22 - 26 dents sur le dentaire; 18 - 19 dents sur le maxillaire; 24 vertèbres présacrées; vertèbres caudales sans suture d’autotomie. DESCRIPTION Rossmann (2000 a) donne une description relativement complète du squelette de Geiseltaliellus longicaudus, fondée sur des pièces de Messel (MP 11) et du Geiseltal (MP 12). Toutefois, ce matériel n’expose que rarement les os en vue mésiale et il apparaît utile de décrire les fossiles de Prémontré sous cet angle. Dentaire (Fig. 1 A-D) En vue linguale, le sulcus Meckeli s’ouvre largement à l’arrière, il se rétrécit progressivement vers l’avant où il prend une orientation ventrale; il devient très étroit dans la moitié antérieure de l’os où il est limité par des bords parallèles. Le sulcus Meckeli reste rectiligne au niveau de la symphyse. Le bord ventral du dentaire se replie mésialement et présente donc un bord arrondi dans sa moitié postérieure; à l’avant, ce repli n’existe pas. Le bord ventral est rectiligne tout le long du dentaire. Le bord mésial formant la lame horizontale est assez épais, vertical à l’avant du dentaire; il s’arrondit et devient beaucoup plus fin à l’arrière du fossile où il disparaît au niveau de la dernière dent. La rangée dentaire compte 26 emplacements dentaires, il n’y a pas de véritable sulcus dentalis à la base des dents. La dentition est pleurodonte, les premières dents s’inclinent vers l’avant, leur apex est pointu. Les dents se redressent et deviennent verticales à partir de la cinquième position dentaire, des cuspides apparaissent sur l’apex à partir de la huitième dent. À l’arrière, les dents ont un fût cylindrique, avec un léger renflement à la base et elles sont légèrement élargies mésio-labialement, ce qui amène la base des dernières dents contre la marge supérieure de la lame horizontale. L’apex des dents postérieures possède trois cuspides, les cuspides latérales étant symétriques. Les dents ne dépassent la crête dentaire que sur un quart à la moitié de leur hauteur. Maxillaire (Fig. 1 E-G) Antérieurement, les deux processus prémaxillaires sont assez longs, avec une surface inclinée entre eux. Postérieurement aux processus prémaxillaires, l’incisure nasale est peu marquée. Le processus dorsal du maxillaire s’élève presque ver- ticalement, il est relié par une arête au processus prémaxillaire interne. Le sommet du processus dorsal est brisé sur tous les fossiles disponibles, cependant il présente une nette inflexion mésiale. La face labiale du maxillaire est lisse, sans ornementation ni rugosité. Elle est percée par deux rangs de foramens labiaux. La base de la face linguale du processus dorsal est fortement concave, ce qui détermine une sorte de dépression au niveau de l’attachement de cette face à la surface dorsale de la lame horizontale, tout au moins dans sa partie antérieure. Cette face linguale du processus dorsal est elle aussi parfaitement lisse. Dorsalement, le foramen maxillaire perce la lame horizontale pratiquement à mi-longueur. Après ce foramen, la lame horizontale présente une profonde dépression qui longe la paroi labiale du maxillaire. La dentition est semblable à celle du dentaire, on peut estimer le nombre de dents à une vingtaine sur le maxillaire. Prémaxillaire (Fig. 2) Le processus nasal (ou dorsal) est large à la base, il se rétrécit assez régulièrement vers le haut. En vue externe (antérieure), le prémaxillaire ne montre pas de foramens. Les processus prémaxillaires sont modérément étalés latéralement et, postérieurement, il n’existe pas de prolongements ni de processus vomériens importants (mais ils ont pu être brisés). En vue interne et en position médiane, on distingue deux processus incisifs non soudés. La lame horizontale (terminologie Rocek 1984) est séparée en deux branches par ces processus incisifs, elle est percée par deux foramens prémaxillaires qui s’ouvrent à la base du processus nasal. On compte 11 positions dentaires, avec une dent, certainement de petite taille, en position centrale. La morphologie dentaire apparaît banale, avec des dents sans cuspide, assez semblables aux premières dents du maxillaire. Frontal L’os est impair, sans trace de soudure visible. Le bord postérieur du frontal porte une importante encoche médiane correspondant au foramen pariétal qui se trouvait sur la suture fronto-pariétale. Cette encoche n’apparaît pas sur tous les frontaux de Prémontré attribués à Geiseltaliellus, ce qui dénote la labilité de ce caractère chez les Iguanidae *. En vue de profil, on observe la présence d’une importante face de contact avec le préfrontal à l’avant alors que, postérieurement, aucune trace de recouvrement par les os post-frontaux n’apparaît. Sur la face ventrale, les crêtes descendantes sont peu en relief, surtout à l’arrière; elles paraissent un peu plus marquées à l’avant. Pariétal (Fig. 1 H, I) La face dorsale porte deux arêtes antérieures partant des extrémités antéro-latérales du pariétal, elles se réunissent approximativement au centre de l’aire dorsale et donnent naissance à une carène sagittale postérieure, les deux faces de l’os de chaque côté étant incurvées. Il n’y a aucune trace d’ostéoderme ni de revêtement dermique, la surface dorsale étant parfaitement lisse, en dehors des reliefs décrits. Le foramen pariétal se trouve sur la suture fronto- pariétale. La marge antérieure développe deux ailes latérales assez marquées alors qu’elle est munie de deux cavités latérales allongées, permettant sans doute une articulation avec les os de la partie antérieure du toit crânien. Le pariétal se rétrécit modérément dans sa partie médiane. Les processus postérieurs (temporaux) sont brisés. La face ventrale présente une profonde fosse pariétale, elle est encadrée vers l’arrière par deux arêtes assez en relief dont l’extension postérieure ne peut être définie.	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFD5E95BFC85FD987BE0D258.taxon	discussion	DISCUSSION Les raisons de l’appartenance de Geiseltaliellus aux Iguanidae * sont révisées par Rossmann (2000 a). On ne connaît qu’un seul genre d’Iguanidae *, Geiseltaliellus, dans l’Éocène inférieur européen (Dormaal, Silveirinha, Condé-en-Brie, Prémontré) et l’Éocène moyen (Messel, Geiseltal). La morphologie des dentaires de Prémontré et leur dentition s’accordent en grande partie aux descriptions disponibles pour Geiseltaliellus longicaudus de l’Éocène moyen allemand. J’avais noté précédemment (Augé 2001) quelques différences entre les pièces de Prémontré et G. longicaudus de la localité type: chez certains fossiles du Geiseltal, le sulcus Meckeli paraît fermé sur une petite portion du dentaire, ce qui n’est jamais le cas sur les formes de Prémontré. Les dentaires de Prémontré paraissent aussi plus courts que ceux du Geiseltal. Rossmann a pu voir les fossiles de Prémontré et, selon lui, ils s’accordent à l’espèce Geiseltaliellus longicaudus. Les figures maintenant disponibles pour G. longicaudus (notamment Rossmann 2000 a: fig. 13) appuient cette opinion. Cependant, il demeure que certains dentaires du Geiseltal ont un sulcus Meckeli partiellement fermé alors que d’autres sont entièrement ouverts. Dès lors, on peut se demander si le matériel de Messel et du Geiseltal représente un seul ou deux taxons? Une étude de l’ensemble des fossiles de l’Éocène inférieur et moyen des gisements européens devrait donner une réponse à cette question. En attendant, le matériel de Prémontré est attribué, avec quelques doutes, à l’espèce Geiseltaliellus cf. longicaudus. Rossmann (2000 a) maintient la synonymie entre Geiseltaliellus louisi et G. longicaudus, que nous acceptons ici. Rappelons que G. louisi Augé, 1990 (Augé 1990 a) a été décrit d’après un dentaire du gisement de Condé-en-Brie (MP 8 + 9). AFFINITÉS DU GENRE GEISELTALIELLUS À L’ INTÉRIEUR DES IGUANIDAE * Kuhn (1944) pensait pouvoir rapprocher Geiseltaliellus d’un Iguanidae * de l’Oligocène d’Amérique du Nord, le genre Aciprion. À son tour, Estes (1983 a) souligne les ressemblances morphologiques (frontal, pariétal, dentition) entre ces deux formes. Rossmann (1999, 2000 a) crée la sous-famille des Messelosaurinae (proche des Basiliscinae Cope, 1900, dans les Corytophanidae Fitzinger, 1843) qui rassemble, entre autres, Aciprion, Geiseltaliellus et Cadurciguana (Éocène supérieur des Phosphorites du Quercy, Augé 1987). Si le rapprochement entre Geiseltaliellus et Aciprion paraît plausible, celui entre Geiseltaliellus et Cadurciguana pose, à mon sens, plus de problèmes. J’avais cru pouvoir indiquer (Augé 1993) que les deux genres d’Iguanidae * de l’Éocène européen n’étaient pas étroitement apparentés. La principale différence discernable actuellement entre les deux genres concerne le sulcus Meckeli, fermé chez Cadurciguana, état que Frost & Etheridge (1989) considèrent comme dérivé chez les Iguanidae *. Cependant, parmi les huit taxons définis par ces auteurs à l’intérieur des Iguanidae * trois présentent un sulcus Meckeli ouvert ou fermé et la distribution de ce caractère ne permet pas d’exclure une parenté étroite entre Geiseltaliellus et Cadurciguana.	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFD0E95AFCECFED87B8CD1C0.taxon	description	ESPÈCE TYPE (et unique espèce du genre). — Laonogekko lefevrei n. gen., n. sp. (par désignation présente). ÉTYMOLOGIE. — De la localité de Laon, dans le département de l’Aisne. DIAGNOSE. — La même que celle de l’espèce type.	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFD0E956FCEFFD987DA2D3F9.taxon	materials_examined	HOLOTYPE. — 1 maxillaire droit presque complet, MNHN (Fig. 3 A, B, PMT 5). ÉTYMOLOGIE. — Espèce dédiée à Fabrice Lefèvre, paléontologue, membre de la Société laonnoise et axonaise de paléontologie.	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFD0E956FCEFFD987DA2D3F9.taxon	description	LOCALITÉ TYPE. — Prémontré, est du Bassin de Paris. MATÉRIEL EXAMINÉ. — MNHN: 1 dentaire droit (Fig. 3 C, PMT 6), 5 dentaires droits et 4 dentaires gauches plus ou moins incomplets (PMT 70 - 74), 1 maxillaire droit (Fig. 3 A, B, holotype, PMT 5), 1 maxillaire droit et 1 maxillaire gauche incomplets (PMT 75), 1 frontal complet (Fig. 3 D, E, PMT 32), 1 frontal incomplet (Augé 2001: fig. 3.9, PMT 7), 4 vertèbres dorsales, 1 vertèbre caudale (PMT 76 - 78). Au moins 6 individus présents. ÂGE. — Éocène inférieur, Yprésien, niveau standard de Grauves, MP 10. EXTENSION STRATIGRAPHIQUE ET GÉOGRAPHIQUE. — Espèce limitée au gisement type. DIAGNOSE. — Le maxillaire de Laonogekko lefevrei n. gen., n. sp. diffère de ceux des autres Gekkonidae par la faible pente du bord postérieur du processus dorsal et par l’existence d’un rebord interne longeant le bord antérieur du processus dorsal. Laonogekko lefevrei n. gen., n. sp. se sépare de Rhodanogekko, un gekkonidé de l’Éocène moyen français, par la face dorsale du frontal, très ornementée, voire rugueuse chez Rhodanogekko. Il se sépare de Cadurcogekko, gekkonidé de l’Éocène supérieur européen, par sa taille plus petite et la morphologie du bord antérieur du processus dorsal du maxillaire, plus élevé chez Laonogekko n. gen. DESCRIPTION Maxillaire (Fig. 3 A, B) Labialement, le bord ventral de l’os, qui forme la crête dentaire, est parfaitement rectiligne. Une C rangée de sept foramens labiaux, toujours assez gros, s’aligne dans le quart inférieur du fossile. À l’avant, le processus dorsal du maxillaire s’élève en forte pente et produit un léger processus orienté antérieurement, à peu près à mi-hauteur de l’os. À partir de cette expansion antérieure, le bord du processus dorsal du maxillaire prend une pente beaucoup moins forte, avec une inclinaison antéro-ventrale à postéro-dorsale. La retombée postéro-dorsale du processus dorsal se présente comme une marge irrégulière mais la pièce pourrait être brisée à ce niveau. Cette retombée se prolonge pratiquement jusqu’à l’extrémité postérieure du maxillaire avec une pente peu accusée et elle garde à peu de chose près la même inclinaison sur toute son étendue. En vue linguale, le plateau dentaire paraît large, profond, avec les bases des dents décalées labialement. Le bord dorsal de la lame horizontale n’est pas droit mais se relève dans sa moitié antérieure. Le bord antérieur du processus dorsal porte une sorte de gouttière qui longe la partie supérieure du maxillaire et qui devait certainement former une surface de contact avec le nasal. En vue dorsale, la face supérieure de la lame horizontale constitue une surface presque horizontale, sans dépression notable mais limitée mésialement par un rebord près de la partie médiane de l’os, ce qui lui donne l’allure d’une gouttière à cet endroit. La retombée du processus dorsal du maxillaire se recourbe mésialement et limite le bord postéro-labial de la lame horizontale qui prend ainsi une allure arrondie, assez caractéristique des Gekkonidae. À l’avant, les deux processus prémaxillaires sont brisés mais il n’y a pas de dépression marquée à la naissance de ces processus, c’est-à-dire à la base du processus dorsal. On peut supposer que la dentition est complète, elle compte 38 positions dentaires, une seule dent étant restée intacte. Elle présente la même morphologie que les dents du dentaire. Dentaire (Fig. 3 C) Il a une forme générale allongée, très grêle. Sept foramens labiaux percent la face labiale qui est régulièrement convexe vers l’extérieur. Une dépression, partant de l’extrémité postérosupérieure du dentaire rejoint le dernier foramen labial. Elle est surtout bien marquée sur le plus grand dentaire. Une autre dépression, beaucoup moins apparente, se trouve juste au-dessus du bord ventral. En vue linguale, le dentaire recouvre le sulcus Meckeli sur près des deux tiers antérieurs de l’os. La partie postérieure du sulcus Meckeli n’est pas visible car le bord postéro-ventral de toutes les mâchoires disponibles est brisé. À l’avant, on voit une légère dépression sous la symphyse, elle correspond à l’extrémité antérieure du sulcus Meckeli qui s’ouvre très légèrement à ce niveau. Le bord mésial du plateau dentaire est horizontal à faiblement convexe vers le haut. Une profonde gouttière dentaire (sulcus dentalis) suit les bases dentaires. La rangée dentaire est presque horizontale, elle se redresse très modérément à l’arrière. La dentition semble complète sur l’un des dentaires disponibles, elle compte 45 positions dentaires. Les dents sont pleurodontes, très serrées, cylindriques, minces et de ce fait fragiles, seules quelques-unes étant entièrement conservées. L’apex ne porte pas de cuspide et il a la forme d’une pointe émoussée. Les dents dépassent la crête dentaire sur un tiers de leur hauteur. On reconnaît, à travers cette description, les traits caractéristiques des Gekkonidae: fermeture du sulcus Meckeli, allure très grêle du dentaire, grand nombre de dents, toutes semblables et sans cuspide. Frontal (Fig. 3 D, E) Cet os est impair. La face dorsale porte des sillons longitudinaux dans sa moitié antérieure. La partie postérieure est divisée par une sorte de carène sagittale s’élevant au-dessus de deux dépressions latérales assez marquées. Sur l’extrémité antérieure de la face dorsale, on voit deux petites encoches symétriques marquant le contact avec les os nasaux. En tout état de cause, ce frontal ne portait pas d’ostéodermes. Les marges latérales sont concaves, légèrement rétrécies entre les orbites, avec des ailes latéropostérieures largement étalées. Une vaste encoche latéro-antérieure correspond au contact avec le préfrontal, alors que l’encoche postérieure, correspondant au contact avec le postorbitaire, est moins étendue. En vue ventrale, les processus descendants se soudent en un tube qui porte une ébauche de carène ventrale. À l’arrière, ce tube se termine par une marge concave postérieurement. Si on compare ce frontal à celui de Cadurcogekko piveteaui (MP 16 - MP 19, Phosphorites du Quercy), sa taille est plus petite, son ornementation plus marquée mais disposée de la même façon: à l’avant, elle se compose de sillons longitudinaux qui se résolvent en une sorte de réseau lâche et anastomosé vers le centre de l’os. Les deux dépressions postéro-latérales, toujours sur la face dorsale, sont aussi beaucoup plus marquées chez Laonogekko n. gen.	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFD0E956FCEFFD987DA2D3F9.taxon	discussion	DISCUSSION Les caractères ostéologiques qui permettent de séparer les Gekkonidae des autres familles de lézards sont sans ambiguïtés (Hoffstetter 1946; McDowell & Bogert 1954; Underwood 1957; Kluge 1967, 1976; Rieppel 1984; Estes et al. 1988). Rappelons, pour ce qui nous concerne dans le matériel de Prémontré, la morphologie du frontal dont les processus descendants se soudent ventralement; celle du dentaire, dont le canal de Meckel est complètement fermé; la morphologie du maxillaire, avec la retombée postérieure du processus dorsal qui se recourbe mésialement, donnant un aspect arrondi à la partie labiopostérieure de la lame horizontale (en vue dorsale); les dents, nombreuses, pleurodontes, à apex pointu, indifférentiées (homodontes) tout au long de la rangée dentaire. A B F À l’intérieur des Gekkonidae, ce sont les caractères du maxillaire de Laonogekko n. gen. qui permettent de le séparer des autres représentants actuels du taxon, tout au moins des rares espèces dont l’ostéologie crânienne est connue (Hecht 1951; Estes 1969 a; Schleich 1987). Le maxillaire de L. lefevrei n. gen., n. sp. est unique au sein des Gekkonidae par: 1) la faible pente du bord postérieur du processus dorsal, si bien que celui-ci se prolonge pratiquement jusqu’à l’extrémité postérieure du maxillaire; et 2) la présence d’un rebord longeant la face interne du bord antérieur du processus dorsal. Deux autres genres de Gekkonidae ont été décrits dans l’Éocène européen, Cadurcogekko Hoffstetter, 1946 et Rhodanogekko Hoffstetter, 1946. Laonogekko lefevrei n. gen., n. sp. se sépare de Cadurcogekko par la face antérieure du processus dorsal du maxillaire qui est nettement plus haute chez Laonogekko n. gen. La surface dorsale du frontal de L. lefevrei n. gen., n. sp. est aussi nettement plus unie que celle de Rhodanogekko. Sous-ordre SCINCOMORPHA Camp, 1923	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFDCE956FF12FBF87B5FD269.taxon	description	Deux espèces ont été décrites dans le genre, Dormaalisaurus girardoti Augé & Smith, 2002 et D. rossmanni Augé & Smith, 2002. Elles sont présentes à Prémontré, où l’on dispose de quelques dentaires et maxillaires. Ces espèces ne peuvent être distinguées qu’en regard de leur morphologie dentaire (Augé & Smith 2002). Il existe aussi d’autres fossiles à Prémontré (frontaux, vertèbres dorsales), affiliés au genre Dormaalisaurus, sans que l’on puisse les attribuer à l’une ou l’autre des espèces. J’ai figuré ici certaines de ces pièces, notamment celles qui n’avaient pu l’être, pour des raisons matérielles, dans la publication de Augé & Smith 2002 (voir Figs 4 - 7).	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFDBE951FCE2FB077B8AD5F1.taxon	description	ÉTYMOLOGIE. — Du département de l’Aisne, en Picardie. DIAGNOSE. — La même que celle de l’unique espèce dans le genre, Axonoscincus sabatieri n. gen., n. sp.	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFDBE94DFC9CF9F77D18D351.taxon	materials_examined	HOLOTYPE. — Un dentaire droit (Fig. 6 D, E, MNHN, PMT 37). ÉTYMOLOGIE. — Espèce dédiée au paléontologue Maurice Sabatier, membre de la Société laonnoise et axonaise de paléontologie.	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFDBE94DFC9CF9F77D18D351.taxon	description	LOCALITÉ TYPE. — Prémontré, est du Bassin de Paris, France. MATÉRIEL EXAMINÉ. — MNHN: 1 dentaire droit holotype (Fig. 6 D, E, PMT 37), 6 dentaires gauches et 4 dentaires droits plus ou moins incomplets (PMT 90 - 94), 2 extrémités postérieures de maxillaires, 1 partie antérieure de maxillaire (PMT 95 - 96), 1 +? 1 prémaxillaire (Fig. 6 A-C, PMT 38 - 39). Au moins 6 individus présents. ÂGE. — Éocène inférieur, Yprésien, niveau standard de Grauves, MP 10. EXTENSION STRATIGRAPHIQUE ET GÉOGRAPHIQUE. — Espèce limitée au gisement type. DIAGNOSE. — Le dentaire de Axonoscincus sabatieri n. gen., n. sp. montre un sulcus Meckeli rétréci à l’avant. Le bord ventral du dentaire présente une petite apophyse symphysaire. Sur la face labiale, il existe une légère dépression dorso-postérieure, d’extension très limitée. La dentition est homodonte, sans cuspide, forte, la base des dents s’élargissant assez nettement; elle compte 20 dents. Le prémaxillaire est un os impair, à dentition symétrique. On compte sept dents avec une base légèrement élargie, la lame horizontale consiste en deux segments symétriques, inclinés et convergents vers la partie médiane de l’os. Il n’y a pas de processus incisifs sur le prémaxillaire. DESCRIPTION Dentaire (Fig. 6 D, E) Aucun des dentaires enregistrés ne possède une extrémité postérieure complète. En vue linguale, la marge ventrale semble rectiligne, avec une petite apophyse antérieure correspondant à la symphyse dentaire. La lame horizontale et la rangée dentaire sont arquées. Le sulcus Meckeli, largement ouvert à l’arrière, devient très étroit un peu avant le milieu de la rangée dentaire, ses bords sont alors presque parallèles. La lame horizontale forme une marge mésiale assez haute antérieurement, elle se rétrécit ensuite nettement et se réduit à une arête mésiale sous les deux dernières dents. Postérieurement, sous la lame horizontale, existe une lame verticale assez longue, qui s’étend jusque sous le niveau de la cinquième dent (comptée à partir de l’arrière) et qui correspond sans doute au contact avec le processus antéro-lingual du coronoïde. On distingue aussi, dans la partie postérieure de la lame horizontale, une face de contact avec le splénial qui atteint la huitième position dentaire (comptée à partir de l’arrière). Selon toute vraisemblance, le splénial ne dépassait pas, ou de très peu, la mi-longueur de la rangée dentaire. Un sulcus dentalis peu profond sépare la rangée dentaire du bord dorso-mésial de la lame horizontale. Six foramens s’ouvrent à mi-hauteur de la face labiale. Une légère dépression marque la partie postéro-supérieure de cette face labiale. La dentition, certainement complète sur l’holotype, compte 20 dents pleurodontes, d’allure robuste, relativement homodontes. Elles dépassent la crête dentaire sur près de la moitié de leur hauteur. La base dentaire est un peu élargie et le fût dentaire, de section presque circulaire, se rétrécit régulièrement vers le haut. L’apex est légèrement recourbé vers l’arrière, il forme une pointe mousse d’où partent quelques stries plus ou moins verticales. Deux dents exposent des cavités de résorption en position médiane. Le dépôt de cément à la base des dents est peu important. Maxillaire Les quelques maxillaires incomplets dont on dispose ont les mêmes proportions que les dentaires. Dans la partie antérieure, les processus prémaxillaires sont assez longs et la cavité à la base du processus dorsal peu profonde. En vue linguale, le flanc interne du processus dorsal ne porte pas de carène maxillaire (terminologie in Müller 1996). Six dents restent visibles, elles ont la même morphologie que celles du dentaire. Prémaxillaire (Fig. 6 A-C) La taille du plus grand des deux prémaxillaires s’accorde avec celle des autres pièces décrites pour Axonoscincus n. gen. En vue dorsale (ou externe), il possède un processus nasal long et étroit à la base qui se rétrécit encore jusqu’à son sommet. À ce niveau, sa surface est plane; ventralement, elle s’incurve et devient convexe vers l’extérieur. Le processus nasal porte une carène mésiale interne, elle s’accuse et se rétrécit de plus en plus vers le haut. À peu près à mi-hauteur du processus nasal, on voit deux dépressions latérales qui marquent l’emplacement du contact avec les os nasaux. Il existe quelques foramens de petite taille, irrégulièrement disposés sur la partie ventrale du prémaxillaire (corps principal de l’os). Les processus maxillaires s’étalent peu latéralement mais leur extension postérieure est beaucoup plus importante. Le corps principal de l’os s’étire mésialement et vers le bas, donnant au prémaxillaire un aspect triangulaire. En vue linguale, on compte sept emplacements dentaires, quatre dents sont conservées, elles ont une forme générale subcylindrique, un peu rétrécie distalement, avec un apex plutôt pointu, évoquant la dentition du dentaire. Il existait une dent sagittale. Le plateau dentaire et la lame horizontale (au sens de Rocek 1984) sont formés par deux surfaces qui convergent mésialement, inclinées dorso-latéralement à ventromésialement ce qui leur donne une forme en V. Mésialement, il n’existe pas de processus incisif sous le plateau dentaire. Un autre prémaxillaire (Fig. 6 A) de forme générale proche de celle qui vient d’être décrite et de taille nettement plus petite. En outre, on relève aussi quelques différences morphologiques: l’arête mésiale du processus nasal commence plus haut; l’angle entre les deux segments de la lame horizontale (en forme de V) est plus ouvert; les processus prémaxillaires ne s’étirent pas vers le haut; les dents paraissent plus obtuses et même relativement plus fortes. Quelle valeur doit-on accorder à ces différences? Ou elles entrent dans le cadre des variations (ontogéniques notamment) de l’espèce Axonoscincus sabatieri n. gen., n. sp., mais on ne dispose pas de suffisamment de fossiles pour trancher, ou elles ont une valeur systématique et peuvent révéler la présence d’un autre scincidé, plus petit que Axonoscincus sabatieri n. gen., n. sp., à Prémontré? Notre matériel ne permet pas d’en juger pour l’instant.	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFDBE94DFC9CF9F77D18D351.taxon	discussion	DISCUSSION	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFDBE94DFC9CF9F77D18D351.taxon	description	– sur le dentaire: le sulcus Meckeli est très étroit à l’avant. La lame horizontale, haute (épaisse) à l’avant, se réduit à une arête postérieurement. Il existe un sulcus dentalis peu profond. La dentition est homodonte, l’apex des dents n’a pas de cuspide et il porte une striation marquée. La présence d’une légère dépression dorsopostérieure sur la face labiale du dentaire, indiquant un contact avec un processus antérieur du coronoïde, ne paraît pas en accord avec la morphologie des Scincoidea (Scincidae + Cordylidae). Chez eux, c’est la partie postérodorsale du dentaire qui déborde le coronoïde. Néanmoins, chez certains Scincidae actuels, sous le processus coronoïde du dentaire, on peut observer une dépression correspondant au contact avec un faible processus dentaire appartenant au coronoïde; – sur le maxillaire: la face postéro-dorsale de la lame horizontale présente une large dépression peu accusée; – sur le prémaxillaire: il n’existe pas de véritables processus incisifs sous la lame horizontale. Chez les Scincidae actuels, le prémaxillaire est souvent un os pair et / ou la rangée dentaire est dissymétrique (elle compte plus de dents d’un côté que de l’autre). Ce n’est pas le cas chez Axonoscincus n. gen. mais des Scincidae actuels (Scincus par exemple) ont aussi un prémaxillaire impair et à dentition symétrique. Aucun des caractères cités plus haut n’apparaît dans la diagnose des Scincidae proposée par Estes et al. (1988) ou Presch (1988). Cette diagnose n’inclut d’ailleurs aucun des os décrits ci-dessus. Cela étant, l’ensemble des caractères exposés par le dentaire et le prémaxillaire ne s’accorde qu’aux Scincidae. La morphologie du prémaxillaire appelle quelques commentaires: Estes et al. (1988) considèrent un prémaxillaire pair comme la condition primitive chez les Lepidosauria (Sphenodontia + Squamata, Gauthier et al. 1988). Le prémaxillaire pair de Lepidosauria primitifs comme les Sphenodontia ne porte pas non plus de processus incisifs. La présence de processus incisifs sur le prémaxillaire peut être comptée comme un caractère dérivé des Squamata, comme la fusion du prémaxillaire. Estes et al. (1988) écrivent alors que la présence de prémaxillaires pairs chez certains Scincidae est une réversion, à laquelle on doit ajouter la perte des processus incisifs. L’absence ou l’extrême réduction de ces processus peut alors être considérée comme une apomorphie des Scincidae, de plus cette absence semble répandue chez tous les membres de la famille. Famille CORDYLIDAE Fitzinger, 1826 Pseudolacerta sp. – Augé et al. 1997: 28.	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFC7E94DFE9DFC4B7B11D2B9.taxon	description	DESCRIPTION Le bord ventral du dentaire est relevé vers l’avant. Le sulcus Meckeli se rétrécit régulièrement de l’arrière vers l’avant et devient assez étroit antérieurement où il s’ouvre à la fois mésialement et ventralement. La lame horizontale reste peu épaisse, avec un bord mésial vertical à l’avant qui diminue d’épaisseur postérieurement. Elle est séparée du plateau dentaire par une angulation marquée. Un sulcus dentalis étroit et profond suit toute la longueur de la rangée dentaire. Sur la face labiale, à l’arrière, on ne voit pas de trace correspondant au processus dentaire du coronoïde mais le bord postérieur de tous les fossiles disponibles est assez endommagé. Les dents sont pleurodontes, leur inclinaison peut être assez variable, elle se fait en général vers l’arrière. Les premières dents ont un apex simple, plutôt aigu; sur les dents plus postérieures on constate l’apparition d’une petite cuspide antérieure avec quelquefois l’ébauche d’une deuxième cuspide postérieure. Les dents dépassent la crête dentaire sur près de la moitié de leur hauteur.	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFC7E94DFE9DFC4B7B11D2B9.taxon	discussion	DISCUSSION À vrai dire, peu d’éléments diagnostiques rapprochent ces dentaires des Cordylidae. La présence d’un important sulcus dentalis et l’allure de la lame horizontale dénotent clairement un Scincomorpha. Le tracé rectiligne du bord ventral du dentaire, le sulcus Meckeli rétréci assez longuement à l’avant et la présence de cuspides sur les dents, pris ensemble, ne s’accordent vraiment qu’avec les Cordylidae.	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFC6E94AFCC3FA237B09D579.taxon	description	MATÉRIEL EXAMINÉ. — MNHN: 2 dentaires droits presque complets (Fig. 7 G-I, PMT 41 - 42), 1 dentaire droit et 1 dentaire gauche incomplets,? une partie postérieure de maxillaire (PMT 97 - 98), une dizaine de vertèbres dorsales (PMT 43), de nombreux ostéodermes rectangulaires (PMT 44). Au moins 3 individus représentés. DESCRIPTION Dentaire (Fig. 7 G-I) La marge ventrale du dentaire est peu arquée mais on ne possède pas sa portion postérieure. Sur la face linguale, le sulcus Meckeli offre une large ouverture mésiale à l’arrière, il se rétrécit vers l’avant où son ouverture devient presque uniquement ventrale. Le sulcus Meckeli est divisé postérieurement par un septum intramandibulaire avec un bord ventral libre et dont la marge postérieure est profondément échancrée par une encoche. La lame horizontale donne un rebord mésial peu épais, arrondi et dont l’épaisseur diminue graduellement vers l’arrière. Une petite échancrure correspondant au foramen alvéolaire antéro-inférieur semble entailler la lame horizontale mais un doute existe sur sa présence réelle si l’on considère le mauvais état des fossiles à cet endroit. Le plateau dentaire, incliné dorsolabialement à ventro-lingualement, forme une large surface d’insertion, sans angulation marquée avec la surface alvéolaire. Il n’y a pas de véritable sulcus dentalis à la base des dents. La face labiale compte sept foramens labiaux situés à mi-hauteur du dentaire. Postérieurement, on découvre une dépression en position dorsale, qui correspond certainement au contact avec le coronoïde. La rangée dentaire paraît complète sur au moins l’un des fossiles, on dénombre 19 à 20 positions dentaires. Les dents ont une implantation pleurodonte à subpleurodonte: leur base se soude non seulement au plateau dentaire mais aussi à la surface alvéolaire. La dentition est pratiquement homodonte, assez serrée, le fût dentaire a une forme relativement cylindrique, un peu inclinée vers l’arrière au sommet. L’apex est obtus, sans cuspide, il se comprime labio-lingualement pour former un bord coupant. On distingue quelques stries verticales partant de l’apex. La base dentaire est à peine élargie et pratiquement toutes les dents portent un foramen nourricier en position médiane. Vertèbres dorsales (Fig. 8 A-D) Les vertèbres dorsales ne sont pas très longues. La neurépine s’élève moyennement à l’arrière et elle se prolonge vers l’avant par une lame sagittale. La face latérale du centrum est aussi haute à l’avant qu’à l’arrière. Les synapophyses sont bien développées, elles occupent presque toute la hauteur du centrum et s’inclinent postérodorsalement à antéro-ventralement. En vue ventrale, les bords du centrum s’évasent vers l’avant et on observe un large bourrelet médian qui unit le condyle et le cotyle. Le cotyle et le condyle sont nettement étirés latéralement. Ostéodermes On compte une cinquantaine d’ostéodermes de forme rectangulaire, avec une surface lisse (surface de glissement) antérieure suivie par une surface ornée de ponctuations. Quelques ostéodermes montrent une petite carène oblique sur la partie ornée, elle manque chez la majorité d’entre eux. Le bord latéral de pratiquement tous les ostéodermes est bisauté, révélant la présence d’une importante surface de contact avec les ostéodermes voisins. Pour être complet, ajoutons que dans le lot des ostéodermes de Glyptosaurinae retrouvé à Prémontré figure une pièce grossièrement hexagonale, sans surface de glissement. Son ornementation punctiforme est plus appuyée que celle des ostéodermes rectangulaires et cela pourrait révéler la présence d’un Glyptosaurini dans le gisement. L’examen des histogrammes de taille des ostéodermes de Condé-en-Brie et de Prémontré (Fig. 9) montre une répartition des tailles assez proche. À Condé-en-Brie, on remarque quelques ostéodermes nettement plus grands que la moyenne. Il pourrait s’agir d’ostéodermes différents, appartenant à un Glyptosaurini. On n’observe pas d’ostéodermes de grande taille à Prémontré mais l’échantillon mesuré est nettement plus réduit qu’à Condé-en-Brie.	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFC6E94AFCC3FA237B09D579.taxon	discussion	DISCUSSION Voici les caractères qui autorisent une attribution aux Anguimorpha et plus étroitement aux Anguidae et aux Glyptosaurinae: – sur le dentaire, inclinaison du plateau dentaire et implantation subpleurodonte des dents (Anguimorpha). Sulcus Meckeli presque confiné à la face ventrale du dentaire à l’avant (Anguimorpha). Sulcus Meckeli divisé postérieurement par un septum intramandibulaire dont le bord ventral reste libre et échancré à l’arrière (Anguidae); – sur les ostéodermes, l’ornementation punctiforme ne se trouve, à l’intérieur des Anguidae, que chez les Glyptosaurinae.	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFC6E94AFCC3FA237B09D579.taxon	description	Trois espèces appartenant aux Melanosaurini ont été décrites dans l’Éocène européen: Xestops abderhaldeni (Kuhn, 1940) (= Placosauroides abderhaldeni Kuhn, 1940); Xestops weigelti (Kuhn, 1940) (= Placosauriops weigelti Kuhn, 1940), tous deux de l’Éocène moyen du Geiseltal (MP 13, voir Meszoely et al. 1978) et enfin Paraxestops stehlini Hoffstetter, 1962, de l’Éocène supérieur (MP 19) de Mormont-Saint-Loup en Suisse. Keller et al. (1991) réservent le nom Xestops Cope, 1873 aux Melanosaurini d’Amé- rique du Nord, ils considèrent les deux formes du réserve, d’attribuer ce matériel au genre Geiseltal comme synonymes et les replacent dans Placosauriops dont la morphologie et les proporle genre Placosauriops Kuhn, 1940 avec la seule tions dentaires paraissent assez proches des espèce valide P. weigelti, connue dans l’Éocène formes de Prémontré, en considérant aussi la moyen, de Messel (MP 11) et au Geiseltal (Obere- proximité stratigraphique de ces lézards (MP 10 et Mittelkohle, MP 13). D’autres Melanosaurini ont MP 11 - 13, respectivement), et en gardant à été reconnus dans l’Éocène européen mais sans l’esprit la fragilité de ce dernier critère. Le attribution spécifique précise: une forme proche matériel de Prémontré représente peut-être une du genre Melanosaurus à Dormaal (MP 7, Hecht espèce inédite mais des comparaisons plus éten- & Hoffstetter 1962) et Silveirinha ainsi que divers dues seront nécessaires pour décider de ce point. Melanosaurini indet.: Augé (1990 a) pour des ostéodermes de Condé-en-Brie (MP 8 + 9); Duffaud & Rage (1997) pour des ostéodermes de Sous-famille ANGUINAE Gray, 1825 Saint-Maximin (MP 13); Augé (1986) avec un pariétal des anciennes collections du Quercy, cf. Anguis Linnaeus, 1758 Éocène supérieur ou Oligocène. Les possibilités de comparaison directe du matériel cf. Anguis – Augé et al. 1997: 29. de Prémontré avec celui du Geiseltal se réduisent MATÉRIEL EXAMINÉ. — MNHN: 2 (+? 5) vertèbres aux ostéodermes: leur taille et leur morphologie dorsales (PMT 45). paraissent assez proches (voir Meszoely et al. 1978: fig. 4) mais on ne peut raisonnablement DESCRIPTION ET COMMENTAIRE proposer un rapprochement de ces formes sur Ces deux vertèbres dorsales sont plus petites que cette base, la variabilité des ostéodermes étant celles assignées plus bas aux Anguinae indet. La trop importante suivant leur position corporelle. forme générale apparaît basse et allongée, la face Aucun dentaire n’est décrit chez Placosauriops ventrale du centrum étant presque plane, limitée weigelti cependant Meszoely et al. (1978) écrivent latéralement par des bords presque parallèles. À que le maxillaire de Placosauriops weigelti compte l’intérieur des Anguinae, seul le genre Anguis certainement 19 positions dentaires, avec des possède de telles vertèbres. dents antérieures pointues et recourbées, alors On relève déjà des vertèbres dorsales proches de que les dents suivantes ont un apex obtus et strié. celles d’ Anguis dans les gisements de Dormaal La dentition antérieure des fossiles de Prémontré (MP 7; Augé 1990 b) et de Condé-en-Brie n’est ni pointue ni recourbée alors que la denti- (MP 8 + 9; Augé 1990 a), alors qu’un dentaire, idention postérieure peut s’accorder avec celle de tique ou peu s’en faut, à celui des Anguis actuels, a Placosauriops weigelti. Sous cet angle, les fossiles été livré par le gisement de Lissieu (MP 14), dans de Prémontré évoquent mieux l’espèce l’Éocène moyen français (Augé 1986). Paraxestops stehlini de l’Éocène supérieur (voir Hoffstetter 1962 b: fig. 1 et description du dentaire de P. stehlini). Ces ressemblances ont cepen- Anguinae indet. dant leurs limites: le fût dentaire chez P. stehlini MATÉRIEL EXAMINÉ. — MNHN: 2 dentaires gauches est renflé lingualement alors qu’il est presque incomplets (Fig. 7 E, F, PMT 46 - 47), une dizaine de droit sur les dents de Prémontré et le bord ventral vertèbres dorsales (Fig. 8 E-G, PMT 48), 2 ostéodu dentaire de P. stehlini paraît beaucoup plus dermes (PMT 49). incurvé que ceux de Prémontré. Aucune attribution précise à une espèce de DESCRIPTION Melanosaurini déjà nommée dans l’Éocène Dentaire (Fig. 7 E, F) européen ne se dégage des comparaisons précé- Les deux fossiles disponibles sont de petite taille. dentes. Nous avons cependant choisi, avec La forme générale est moyennement arquée, le sulcus Meckeli s’ouvre mésialement à l’arrière, il passe entièrement sur la face ventrale à partir de la mi-longueur de la rangée dentaire. Antérieurement, le sulcus Meckeli est même en partie visible sur la face labiale. Un septum intramandibulaire divise le sulcus Meckeli postérieurement, il ne s’étend pas beaucoup vers le bas et son bord ventral reste libre. La lame horizontale forme un bord mésial arrondi et très effacé qui se distingue à peine du plateau dentaire. Sur le specimen PMT 47, sous la cinquième position dentaire (comptée à partir de l’arrière), on distingue la trace du foramen alvéolaire antéroinférieur qui échancre la lame horizontale. Le plateau dentaire est incliné dorso-labialement à ventro-lingualement, de même que la surface alvéolaire. On compte six foramens labiaux sur la face labiale. Les traces d’insertion des dents montrent qu’il existait au moins 16 positions dentaires, les dents ayant une implantation subpleurodonte, plutôt serrée et une base peu élargie. Deux dents restent visibles sur le specimen PMT 46. Le fût dentaire est presque vertical, sans élargissement à la base qui est prise dans du cément. L’apex, simple, arrondi, ne porte pas de cuspide ni de stries verticales. Vertèbres dorsales (Fig. 8 E-G) On retrouve la morphologie classique des vertèbres dorsales d’Anguidae apodes. La forme générale est aplatie, légèrement allongée. Dorsalement, la neurépine a une élévation modérée. En vue latérale, la vertèbre a la même hauteur à l’avant qu’à l’arrière. À l’avant du centrum, les synapophyses forment des reliefs importants, inclinés dorso-postérieurement à ventroantérieurement. La face ventrale est lisse, sans carène, les marges latérales du centrum divergent vers l’avant. Le cotyle et le condyle sont largement étirés latéralement. Ostéodermes De forme rectangulaire, les ostéodermes possèdent une importante surface de glissement à l’avant. Postérieurement, ils portent une ornementation faite d’un ensemble de stries et de cavités irrégulièrement disposées, dite « guillochée ».	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFC6E94AFCC3FA237B09D579.taxon	discussion	DISCUSSION Les apomorphies des Anguinae, bien que difficiles à dégager, peuvent être parfaitement définies. Elles ont été discutées dans Estes (1983 a), Rieppel (1980 b), Sullivan (1987) et Augé (1992). Le seul de ces caractères observable sur les fossiles décrits concerne la base plane et lisse des vertèbres dorsales. Kuhn (1940), suivi en partie par Estes (1983 a), a décrit plusieurs espèces d’Anguinae dans le gisement du Geiseltal. Keller et al. (1991) ainsi que Sullivan et al. (1999) ont réduit cette diversité à une seule espèce, Ophisauriscus quadrupes Kuhn, 1940, présente également à Messel (MP 11). Les comparaisons avec le matériel de Prémontré se limitent à la morphologie dentaire: les dents de Ophisauriscus Kuhn, 1940 ont des bases élargies, plutôt espacées, un apex pointu et recourbé. La morphologie dentaire des fossiles de Prémontré les éloigne radicalement de Ophisauriscus. En outre, le dentaire de Ophisauriscus compte 11 dents conservées (Meszoely & Haubold 1975; Sullivan et al. 1999) mais on ne connaît pas le nombre total de positions dentaires. Sur les dentaires de Prémontré, on relève au moins 16 positions dentaires. Les données disponibles permettent d’exclure formellement une appartenance des dentaires de Prémontré à l’espèce Ophisauriscus quadrupes. La morphologie dentaire des fossiles de Prémontré les apparente plutôt aux Anguinae d’Amérique du Nord, tels que Ophisaurus ventralis Linnaeus, 1758 aux dents non-élargies à la base et à l’apex émoussé. Des différences subsistent cependant, telles que l’absence de stries verticales et de bord coupant sur l’apex des fossiles de Prémontré. Un rapprochement éventuel avec les Anguinae américains devra être étayé par un matériel plus complet, montrant si possible des caractères autres que la dentition.	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFC0E945FCD8FAAD7E5DD259.taxon	description	DESCRIPTION Vertèbres caudales Les processus transverses se situent à l’avant de la vertèbre, ils sont divisés par le sillon d’autotomie. Ce sillon passe entre un petit processus antérieur et un processus postérieur beaucoup plus robuste, les deux processus se réunissent ensuite pour former un élément unique. À l’avant du condyle, la face ventrale de la vertèbre porte les bases des os chevrons qui étaient soudées au centrum. Pratiquement tous les gisements de l’Éocène et de l’Oligocène ouest-européens ont livré des vertèbres caudales présentant cette même morphologie. Elle doit être considérée comme primitive chez les Anguidae et n’autorise donc pas une attribution à l’une ou l’autre des deux sousfamilles connues dans l’Éocène, les Anguinae et les Glyptosaurinae.	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFCDE946FCFEFD387CDAD319.taxon	description	MATÉRIEL EXAMINÉ. — MNHN: 2 dentaires gauches, 2 dentaires droits (PMT 99 - 100), 24 vertèbres dorsales (PMT 101 - 102). DESCRIPTION Dentaires Les dentaires récoltés présentent deux morphotypes. Le premier morphotype est illustré par l’un des dentaires gauches. Le fossile est court, d’aspect assez robuste. Le bord ventral, droit sur une grande partie de sa longueur, se relève nettement au niveau de la symphyse. Le sulcus Meckeli est rétréci à l’avant mais toujours largement ouvert mésialement avec une très faible exposition ventrale. À l’arrière du sulcus Meckeli, existe un important septum intramandibulaire au bord ventral soudé à la paroi du dentaire et dont le bord postérieur est nettement échancré. La lame horizontale forme une surface verticale assez haute antérieurement qui se réduit à une marge épaisse à l’arrière. La partie postérieure du dentaire possède un puissant processus coronoïde, fortement relevé. En dessous, le bord postérieur est pratiquement vertical, en dehors d’une encoche située juste à mi-hauteur du dentaire. Le plateau dentaire est séparé de la lame horizontale par un bord anguleux, avec un sulcus dentalis peu profond devant les bases dentaires. On compte huit positions dentaires, les dents sont très puissantes, avec une base élargie, elles offrent une forme générale conique, l’apex étant plutôt pointu. Apparemment, un seul foramen nourricier perce la base des dents. Le deuxième morphotype est représenté par un dentaire droit qui montre les différences suivantes avec celui déjà décrit: on compte neuf positions dentaires; les bases dentaires sont un peu plus étroites que celles du dentaire gauche; il existe un fort processus mésial au niveau de la symphyse; l’échancrure du bord postérieur paraît mieux marquée. On ne connaît pas l’étendue des variations de la morphologie osseuse chez les taxons d’amphisbaenes (actuels ou fossiles). La signification taxonomique éventuelle des différences reportées ici ne peut donc être déterminée et on ne sait pas s’il existe une ou deux espèces à Prémontré. Quoi qu’il en soit, la présence d’un fort processus coronoïde du dentaire, le nombre réduit des dents et leur forme, ainsi que l’existence d’un septum intramandibulaire bien développé, désignent les Amphisbaenidae. Au total, la morphologie de ces dentaires rappelle d’assez près celle du genre actuel Blanus Wagler, 1830. Vertèbres Ce sont des vertèbres procoeles, assez allongées, peu élevées. Dorsalement, l’arc neural se rétrécit nettement entre les zygapophyses et il ne porte pas de neurépine nette à l’arrière, celle-ci se réduit à un faible bourrelet. En vue latérale, les synapophyses, volumineuses et arrondies, sont situées très antérieurement. La base du centrum forme une surface plane avec toutefois un petit relief médian sur quelques vertèbres. Les bords latéraux du centrum restent parallèles entre eux jusqu’au niveau du condyle. Toujours ventralement, on observe deux importants foramens subcentraux dans la moitié antérieure de la base du centrum. Le condyle et le cotyle sont nettement étirés latéralement. L’absence de neurépine développée sur l’arc neural permet d’attribuer ces vertèbres aux Amphisbaenia et certainement à la famille des Amphisbaenidae.	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFCDE946FCFEFD387CDAD319.taxon	discussion	DISCUSSION Les Amphisbaenia se rencontrent dans tout le Cénozoïque européen (Hoffstetter 1942; Hecht & Hoffstetter 1962; Rocek 1984; Schleich 1985, 1988; Rage 1988; Bailon 1989, 1991; Barbadillo 1989; Rage & Augé 1993; Delfino 1997; Böhme 1999; Rossmann 2000 b) et même le Crétacé supérieur (Maestrichtien) d’après des restes du gisement de Lano, Espagne (Astibia et al. 1990; Rage 1999) et peut-être des Pyrénées (Gheerbrant et al. 1997). Des formes apparemment très proches du genre Blanus actuel (Amphisbaenidae) existaient déjà dans l’Éocène inférieur de Dormaal (Hecht & Hoffstetter 1962) et de Condé-en-Brie (Augé 1990 a), auxquelles on peut maintenant ajouter les fossiles de Prémontré. Selon Gans (1990), le genre Blanus est certainement paraphylétique, ce qui complique un peu plus l’étude systématique des fossiles du Cénozoïque européen.	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
6565B201FFCBE940FD6CFAD87B01D2D9.taxon	description	Le Tableau 2 permet de saisir les rapports entre la faune de lézards de Prémontré et celles qui l’ont immédiatement précédées et suivies dans l’Éocène européen. On perçoit d’emblée la grande stabilité des faunes de lézards pendant tout l’Éocène inférieur. Le passage Éocène inférieur-Éocène moyen ne marque pas de rupture nette pour les Lacertilia, seuls les Agamidae * et les Amphisbaenidae disparaissent. La disparition des Agamidae * n’est certainement pas due a un biais de conservation. Cette famille, représentée par le seul genre Tinosaurus dans l’Éocène inférieur européen, n’a jamais été très abondante et son occurrence diminue dans les gisements les plus récents de l’Éocène inférieur. Elle n’est plus signalée que dans un gisement de l’Éocène moyen (Saint-Maximin, MP 13, Duffaud & Rage 1997) et on ne la retrouve plus à l’Éocène supérieur. La disparition des amphisbaenes dans les premiers niveaux de l’Éocène moyen pourrait n’être qu’apparente. La diversité familiale des lézards de Prémontré est remarquable. Dans ce seul site, on compte plus de familles et sous-familles de lézards (10) que dans la totalité de l’Europe actuelle (six) ou, pour prendre d’autres exemples, que dans l’Australie actuelle (cinq) ou l’Amérique du Sud (six). Une telle diversité familiale ne se retrouvera plus dans les gisements européens postérieurs. On peut reconnaître dans cette spécificité de l’herpétofaune de l’Éocène inférieur européen l’influence d’échanges possibles avec au moins trois continents (Louis 1996; Escarguel 1999; Milner et al. 2000), ainsi que celle d’un climat chaud. Des arguments issus de sources variées prouvent que la limite Paléocène / Éocène inférieur est la période la plus chaude du Tertiaire (Berggren et al. 1998; Culver & Rawson 2000). Chez les mammifères, Hooker (2000) montre que, dans une série de gisements du Nord-Ouest européens et incluant les localités de l’est du Bassin de Paris, la diversité maximale correspond au maximum climatique, entre les niveaux de Avenay (Mutigny, MP 8 + 9) et de Grauves (MP 10). En outre, les lézards actuels sont nettement plus diversifiés dans les basses latitudes (Pianka 1967). Par contre, la diversité générique et spécifique des lézards de Prémontré reste inférieure à celle reconnue dans l’Éocène supérieur des Phosphorites du Quercy. Un autre caractère remarquable de la faune de Prémontré est la rareté des lézards de grande taille, fait déjà noté à propos des restes de mammifères par Dégremont et al. (1985) et Louis (1996). L’absence à Prémontré, parmi les Platynota, de genres souvent de grande taille, tels que Necrosaurus ou Saniwa Leidy, 1870, est significative à cet égard. Un biais taphonomique peut être envisagé, mais la présence des restes bien conservés et assez abondants d’un scincomorphe de taille importante (Eolacerta) dans le gisement, fragilise cette hypothèse. La rareté des grandes espèces pourrait donc servir d’indicateur écologique et signalerait un milieu arbustif, selon Louis (1996). L’absence de Platynota de grande taille appuie en partie cette opinion. Parmi les Platynota actuels (genre Varanus Merrem, 1820, surtout), une majorité préfère les milieux ouverts. Mais il ne s’agit en aucun cas d’une règle absolue: deux des plus grandes espèces de varans actuelles, Varanus varius Shaw, 1790 (Australie, 2 m) et Varanus niloticus Linnaeus, 1766 (Afrique, 1,5 m) peuvent vivre en milieu forestier et grimpent même volontiers aux arbres (Steel 1996).	fr	Augé, Marc (2003): La faune de Lacertilia (Reptilia, Squamata) de l’Éocène inférieur de Prémontré (Bassin de Paris, France). Geodiversitas 25 (3): 539-574, DOI: 10.5281/zenodo.5376594
