taxonID	type	description	language	source
107487EEB26DFFE25DBEF85DFDF9FB50.taxon	description	Les Cicadidae (fig. 1 à 7 et 43 à 59), multigénériques et multispécifiques (plus de 4000 formes), à tête large le plus souvent et avec l ’ espace oeil-ocelle nettement supérieur au diamètre des ocelles, ont un pronotum (partie dorsale du premier segment thoracique) court, ne masquant pas le mésonotum (partie dorsale du deuxième segment thoracique), son aire externe (parfois appelée " collerette ”, à tort) valant rarement plus du quart de celle de son aire interne. Aux homély t res, la cellule et la membrane costales sont: ou bien inexistantes ou bien présentes ensembles. Les mâles possè ­ dent un appareil musical original, sans équiva ­ lent, voué au rapprochement des sexes et sur lequel nous aurons à revenir (cf. page 15). Famille de répartition quasi mondiale, hormis les larges calottes froides du Globe. Les Cicadidés ont une vie imaginale (ou adulte) aérienne très brève (un mois, au plus), bruyante (pour la plupart), qui s'oppose à une extraordinaire vie larvaire souterraine fort longue - mais en cela très variable 4 -, silencieuse et besogneuse, les larves ayant à s’ouvrir de difficiles chemins sous terre pour trouver leur nourriture, la sève des racines. Larves et adultes quelque peu se ressemblent, mais évoluant dans des milieux différents et les premières disposant d’organes accessoires qui leur sont propres (pattes fouisseuses, pattes-béquilles, soies-fiches clypéales, soies dorsales spaciosensorielles), les Cigales sont des Insectes hémimétaboles, subissant une métamorphose pour devenir adultes, laquelle annihile les attributs larvaires et développe les caractères imaginaux. Entre les deux écophases dominantes de leur cycle, imaginale et larvaire donc, elles accomplissent leur phase embryonnaire en endophytes: au coeur de tiges, de branchettes ou dans l'écorce des arbres, enfin là où les Cigales femelles auront inséré leurs oeufs. (cf. Réaumur 1740, Farre 1897, Myers 1928, Beamer 1928, K ato 19 32, 1956, Boulard 1965 a-> 2001).	fr	Boulard, M. (2002): Diversité des Auchénorhynques Cicadomorphes Formes, couleurs et comportements (Diversité structurelle ou taxonomique Diversité particulière aux Cicadidés). Denisia 4: 171-214, DOI: 10.5281/zenodo.10550994, URL: https://www.zobodat.at/pdf/DENISIA_0004_0171-0214.pdf
107487EEB26DFFE05DBFFBF8FD97F8CC.taxon	diagnosis	Les Cicadoidea, ou vraies Cigales, se distinguent par les deux particularités morpho ­ anatomiques suivantes: • Existence, en plus des deux grands yeux composés de multiples facettes. Je trois ocelles (ou yeux simples) disposes en triangle sur le sommet d u crâne (pour la plupart, les représen ­ tants des autres Superfamilles n'ont que deux ocelles); • Chez les femelles, l'appareil de ponte, ou ovipositeur, est une tarière lancéolée doublement serratulée (l ’ ovipositeur a la forme d'un sabre dans les superfamilles voisines). Les Cicadoidea ne comptent que deux familles, celles-ci très inégales en nombre d'espèces ainsi que par leurs répartitions géographiques respectives: les Cicadidae et les Tettigarctidae.	fr	Boulard, M. (2002): Diversité des Auchénorhynques Cicadomorphes Formes, couleurs et comportements (Diversité structurelle ou taxonomique Diversité particulière aux Cicadidés). Denisia 4: 171-214, DOI: 10.5281/zenodo.10550994, URL: https://www.zobodat.at/pdf/DENISIA_0004_0171-0214.pdf
107487EEB26FFFE25DB7FAD7FB84FD08.taxon	description	Les Tettigarctidae (fig. 8), monogénériques et seulement bi-spécifiques, se reconnaissent d’emblée à leur vaste pronotum hypertrophié en un bouclier masquant le mésonotum. En outre, elles ont une tête très étroite aux yeux et ocelles globuleux (Cigales à tête de Papillon) avec un espace oeil-ocelle inférieur au diamètre des ocelles. Aux homélytres, la cellule costale est longue et large, mais la membrane costale est quasi inexistante. Les mâles ne possèdent que des éléments peu marqués d'un appareil acoustique non fonctionnel. Famille confinée au Sud-Est australien et à la Tasmanie. Si la biologie des Tettigarctidés est, dans ses grandes lignes, conforme à celles des Cicadidés, elle reste encore mal connue dans ses détails. D'après John W. Evans (1941) et Max S. Moulds (1990), ce sont des Rhynchotes de moyenne altitude (200 / 1800 m) plus ou moins grégaires à l'état imaginai, aux moeurs crépusculaires, voire même nocturnes et en tout cas très discrètes (non bruyantes). Cette éthologie, et certaines spécialisations corporelles ou acquisitions fonctionnelles (présence, à l’ex ­ trémité des pattes, d'un empodium tarsal porteur d’organites sensoriels possibles dérecteurs de vibrations (MOULDS, op. cit „ CLARIDGE. MORGAN & MOULDS 1999), inclinent à penser que cette famille recèle des espèces qui, à l'état imaginai, ont opté plus particulière ­ ment pour une vie dans l’obscurité, perdant l’usage de la cymbalisation, communication sonore aérienne à distance et recours typiquement cicadéen s’agissant de la pérennité des espèces. Dans cette hypothèse, l’appareil acoustique des Tettigactidae serait vestigial et non rudimentaire.	fr	Boulard, M. (2002): Diversité des Auchénorhynques Cicadomorphes Formes, couleurs et comportements (Diversité structurelle ou taxonomique Diversité particulière aux Cicadidés). Denisia 4: 171-214, DOI: 10.5281/zenodo.10550994, URL: https://www.zobodat.at/pdf/DENISIA_0004_0171-0214.pdf
107487EEB26FFFE35EB6FA0FF848F7BD.taxon	description	Les Cercopoidea (fig. 9 et 10), ou Cercopes, qui ont un corps trapu, des ailes antérieures presque toujours coriacées (homélytres ou tegmina), se singularisent par des tibias postérieurs cylindriques, munis, sur le côté externe d'un ou deux ergots (épines non articulées sur leur insertion) et, à l’apex, d’une demie couronne de très forts crampons plus déve ­ loppés que chez les superfamilles voisines. De taille moyenne inférieure à petite, les Cercopes excèdent rarement les 2 cm en longueur pour 1 cm en largeur. Il s'agit d’un groupe plutôt homogène dans ses formes, hormis la petite famille des Machaeroridés, dont quelques espèces possèdent une étrange épine scutellaire. Les livrées ont souvent des couleurs éclatantes et contrastées, opposant e rouge et le noir (Cercopis européens), le jaune et le bistre (Hemitriecphora dubosquei Lallemand), le jaune et le noir (Locris maculata (F abricius). Leurs moeurs sont grégaires ou solitaires, suivant les espèces. Les femelles pondent dans les tiges encore tendres de plantes diverses (ponte endophyte). Ce sont tous des hémimétaboles, possédant des larves non sauteuses, lesquelles stationnent et se développent dans des abris bulleux et dégoulinant 5 (populairement dits “ écume printanière ", “ bave de grenouille ", “ crachat de coucou "), qu’elles confectionnent à l'aide de sécrétions mucoprotéiques et d’un appareil aérifère et spumifère abdominal de forme tubulaire et typiquement larvaire (cf. PESSON 1955). Ce tube permet aux espèces se développant sur les plantes néo-tropicales du genre Heliconia. de séjourner, immergées, dans les bractées remplies d’eau pluviale des inflorescences (D. FISH 1977). D’autres larves, notamment du groupe des Machaerotidés, s'abritent dans des cylindres calcareux et toujours humides qu’elles fabriquent elles-mêmes, à l'aide de sécrétions carbonatées émises par des glandes anales particulières. La diversité, dans cette Superfamille, se manifeste encore ailleurs et d’une manière fort singulière pour des Cicadomorphes, puisque faisant entrer en jeu des relations phéromonales. Chez les Locris, un genre africano-malgache, les femelles disposent d’un appareil à phéromonc (s) comprenant un organe produc ­ teur et un système évacuateur. Mâles et femelles possèdent en outre des antennes au pédicelle gonflé par le développement de plusieurs sortes de sensillies (cf. BOULARD & BOULARD 1977 et ici fig. 11). Cet appareil reste actuellement sans équivalent. Les Cercopes se rencontrent dans les strates herbacées et arboricoles. Ils ont une distribution quasi mondiale, exception faite des calottes glacées du Globe.	fr	Boulard, M. (2002): Diversité des Auchénorhynques Cicadomorphes Formes, couleurs et comportements (Diversité structurelle ou taxonomique Diversité particulière aux Cicadidés). Denisia 4: 171-214, DOI: 10.5281/zenodo.10550994, URL: https://www.zobodat.at/pdf/DENISIA_0004_0171-0214.pdf
107487EEB26EFFEC5B70F7BBFCC5FD12.taxon	description	Les Membracoidea, dont la taxonomie et la nomenclature fondamentales ont été récemment révisées par Deitz & DIETRICH (1993), est une Superfamille nombreuse que la diversité conduit à répartir en quatre familles principales totalisant une bonne trentaine de sous-familles bien caractérisées. Les taxons les plus remarquables pour notre propos sont les Cicadellidae (avec, notamment, les Cicadellinae, les Hylicinae, les Hecalinae et les Ledrinae), les Melizoderidae. les Aetalionidae (comprenant les Aetalioninae et les Biturritiinae) et les Membracidae (incluant 12 sous-familles, dont les Membracinae, les Endoiastinae, les Centrotinae, les Oxyrhachinae, les Heteronotinae, les Darninae et les Smiliinae nous retiendront plus particulièrement, la plupart comprenant chacune diverses tribus).	fr	Boulard, M. (2002): Diversité des Auchénorhynques Cicadomorphes Formes, couleurs et comportements (Diversité structurelle ou taxonomique Diversité particulière aux Cicadidés). Denisia 4: 171-214, DOI: 10.5281/zenodo.10550994, URL: https://www.zobodat.at/pdf/DENISIA_0004_0171-0214.pdf
107487EEB261FFEF5E83FF62F89FF50A.taxon	description	Les Cicadellidés (fig. 12 à 19) ou Cicadelles ont un corps élancé, généralement de petite taille (rarement plus de 15 mm en longueur), aux ailes antérieures le plus souvent faiblement sclérifiées, mais toujours colorées - notamment dans le domaine néotropical -, possèdent des tibias postérieurs prismatiques dont les arrêtes sont garnies d'épines; ces épines sont articulées sur leur hase et dirigées vers l'arrière, tandis qu’existe aussi une demie couronne de crampons apicaux. mais plus faibles que cher les Cercopes. Un bon exemple de l’habitus cicadellien est ici fourni par Poecilocarda nigrinervis (Stål), (fig. 12). Diverses particularités morphologiques existent cher les Cicadelles, à commencer par un dimorphisme sexuel exprimé surtout au niveau des ailes, les femelles, comme chez Evacanthus interruptus L., pouvant être brachy-, voire microptères (fig. 13). La fantaisie mor ­ phologique peut caractériser des tribus entiè ­ res, principalement au niveau de l'avant-corps que peut prolonger une corne céphalique aux formes variées, corne simple pour Rhaphirhinus phosphoreus (L.), (Proconiini, Cicadellinae), (fig. 17). cornes en hameçons lisses ou barbulés pour les Wolfella W. kramen Blrd. W. caternaultii Spinola (Hylicini, Hylicinae; fig. 14 et 15), ou bien encore en tonne Je pelle, comme en porte Listrophora evansi Blrd (Listrophorini, Hecalinae). Certaines, comme Lissoscarta vespiformis (L.) ont livrée et allure Je guêpes et sont d’extraordinaires mimes ayant abandonné certains paramétres étholocontinents, témoin Homalodisca coagulata (SAY 18 32) 6, espèce américaine Je la tribu des Proniini qui vient Je parvenir en Polynésie française, Je toute évidence via la Californie où elle transmet une bactérie pernicieuse aux vignes. Les Ledrinae ou Lédrinés, furent longtemps considérés comme une famille (Lédridés ou Scandés). Le type, Ledra aurita (L.) (fig. 20 et 20 ’ ou C), qui porte en France lgiques propres à leur lignée (cf. Boulard 1978 b et sous presse; ici, fig. 16). Mais la diversité corporelle peut s’exercer bien ailleurs, témoins cette extraordinaire “ Cicadelle à raquettes ", surprenante espèce amazonienne pourvue Je tibias antérieurs considérablement élargis et aplatis (fig. 18). Auchénorhynques paurométaboles, grégaires ou solitaires, les Cicadelles ont des juvéniles sauteurs vivant avec et comme les adultes dans les mêmes milieux, où certaines, parfois accompagnées par des Fourmis, ont un rôle de trophobiontes. Leur ponte est endophyte. Un petit nombre d’espèces, solitaires ou plus ou moins grégaires, ont mauvaise réputation en agriculture, car elles peuvent véhiculer des germes pathogènes aux plantes, pendant que d’autres s’avèrent capables d’envahir des nom vernaculaire de “ Grand Diable ”, a une taille relativement forte et robuste (15 mm de longueur en moyenne). Outre leur taille, ces grosses Cicadelles se reconnaissent à leur tête lamellaire (aplatie dorso-ventralement), leur pronotum court, mais pourvu dorso-latéralement de deux sortes d’auricules, et par leurs tibias postérieurs dont l’arête externe est foliacée et denticulée. Ce sont des paurométaboles solitaires, parfois grégaires, et qui privilégient la vie arboricole, bien que nombre d’espèces colonisent également la strate herbacée. Les femelles possèdent une forte tarière en sabre et insinuent leurs oeufs jusqu’au coeur des branchettes. Les jeunes, non sauteurs, sont très aplatis dorso-ventralement et élargis. Leur distribution est mondiale, hormis les calottes glacées du Globe.	fr	Boulard, M. (2002): Diversité des Auchénorhynques Cicadomorphes Formes, couleurs et comportements (Diversité structurelle ou taxonomique Diversité particulière aux Cicadidés). Denisia 4: 171-214, DOI: 10.5281/zenodo.10550994, URL: https://www.zobodat.at/pdf/DENISIA_0004_0171-0214.pdf
107487EEB265FFE85D8DFF62FE35FB8A.taxon	description	I l s'agit d ’ une très petite famille ne comportant que huit espèces inégalement réparties en Jeux genres: Meli z oderes S p i nola et Llanquihuea Linnavouri & Delong, ce der ­ nier monospécifique. Leur pronotum a une forme su b conique et inclinée plus ou moins fortement vers l ’ avant, tandis qu'il laisse le scutellum et le reste du corps entièrement dégagés. Deux fentes parapsidales, très en avant, caractérisent le mésono t um, pendant qu'aux homél y tres, les nervures R, M et Cu divergent d'un seul point, ou de deux points très rapprochés. Les espèces connues sont rares, uniquement néotropicales, et on ne sait rien de leur biologie.	fr	Boulard, M. (2002): Diversité des Auchénorhynques Cicadomorphes Formes, couleurs et comportements (Diversité structurelle ou taxonomique Diversité particulière aux Cicadidés). Denisia 4: 171-214, DOI: 10.5281/zenodo.10550994, URL: https://www.zobodat.at/pdf/DENISIA_0004_0171-0214.pdf
107487EEB265FFF15DB3FB9CFC13F45D.taxon	description	Leur pléthorique diversité morphologique oblige à répartir Les Membracidés (fig. 21 à 40), encore appelés Membraces, en quatre Familles et douze sous-familles suivant la conformation du pronotum et la topographie de la nervuration des ailes. C'est une famille qui s ’ est particulièrement diversifiée en Amérique tropicale (FUNKHOUSER 1951, W ood 1993). l'Afrique ne comprenant que deux sous-familles (C apener 1962, 1968), pendant que l'Asie et l'Australie ne possèdent chacune qu’un petit nombre de représentants (EVANS 1966) Les Membracidés se présentent comme des Cicadelles à tête le plus souvent orthogonale (perpendiculaire à l'axe longitudinal du corps), parfois bicornue, mais toujours curieusement coiffée d'un pronotum plus ou moins exubérant (cf. BOULARD 1973 b et 1999 b, p. 145). Les premiers exemples turent fournis par les Centrotinae Gargara genistae (F.) et Centrotus cornutus (L.), vernaculairement nommés “ Petit-Diable " er “ Demi-Diable " en France. Chez le plus grand nombre, exotique, c'est une grande partie du corps qui est ainsi recouverte et souvent rehaussée d'apophyses cuticulaires hypertéliques, mais propres à chacune des espèces; les modèles à ce propos ne manque pas, qu'il s'agisse d'Oxyrhachis (cf. CAPENER 1962; Boulard 1979, Oxyrhachinae), de Monocentrus (cf. BOULARD 1971 a, c, CAPENER 1972, Centrotinae), de Membracis (cf. STRUMPEL 1972, Membracinae), ou bien encore d'Heteronotus (cf. BOULARD 1980 b, Heteronotinae). Parfois, on note quelques différences entre les sexes comme chez l'africain Kallikrates bellicornis CAPENER 1968?, BOULARD 1968, Centrotinae (fig. B), ou chez les guyano-amazoniens Umbonia crassiconis (Amyot et Audinet-Serville, Membracinae) et Stegaspis fronditia (L. Stegaspisinae), piégeant les taxonomistes 7. Chez quelques-uns. le pronotum est devenu une carapace englobante évoquant celle des tortues et qui oblige à un repliement des ailes tout à fait exceptionnel: les Smiliinae du genre Tragopa et particulièrement T auriculata (OLIVIER) sont les seuls Insectes connus pour replier leurs ailes antérieures transversalement et cela trois fois (cf. Boulard 1977 et fig. 41). S'agissant des couleurs, si la gamme des bruns, en camaieu ou non, concerne un bon nombre de Membracidés, le vert, souvent mêlé de bistre (Monocentrus fuscoviridis BLRD, Centrotinae), et le jaune orangé (Cymbomorpha amazona StåL, Darninae, fig. 22) sont également très répandus, tandis que le rouge, tel que revêtu par Erechtia sanguinolenta FairMAIRE (Membracinae), est plutôt rare (fig. 37). Extravagants, très diversifiés donc au niveau pronotal, les Membracidés sont des mini-montres de la Nature fort intéressants du point de vue évolutif. Ils ont permis, entre autres, de vérifier et de préciser, à l’aide d’un genre d’animaux actuels, la loi des Hypertélies découverte au début du XXe siècle, à l’ étude des Mammifères fossiles, notamment les Titanothères (cf. OSBORN 1929). Chez les Hamma (Centrotinae d’Afrique centrale), plus le pronotum est développé, plus l’espèce est grande, une croissance allométrique positive s’établissant graduellement d’une manière parfaite en six espèces: du minuscule Hamma simplex BLRD, au pronotum simple, à l’Hamma fabulosum BLRD, géant du genre portant un “ mégapronotum ” tricorne et multispiculé (cf. BOULARD 1973 b, 1999 et fig. 42). Autre question évolutive, toute différente de la précédente, la mutilation pronotale: chez les Anchistrotus, de la sous-famille amazonienne des Heteronotinae, les individus se trouvent affublés d’un pronotum si encombrant, presque dystélique pourrait-on dire, qu’ils sont au bord de la disparition ... Ce qu’actuellement encore, ils évitent en perdant, suivant un processus naturel, cet étrange excès d’eux-même (cf. BouLARD 1983 b). La diversité pronotale s’exprimant ainsi apporte une preuve nouvelle et actuelle d’orthogenèse: l’évolution engagée dans une voie (ici hypertélique), peut continuer jusqu’à entraîner, tôt ou tard, la perte d’une lignée. Quoi qu’il en soit, les Membracidés supportent très bien leur extravagance, leur puissance procréatrice (fécondité des femelles) est tout aussi remaquable que leur pouvoir d’adaptation; la meilleure preuve que l’on puisse fournir à ce sujet est celle se rapportant à Stictocephala bisonia KOPP & Yonke (Smiliinae), une espèce nord-américaine au pronotum relativement fort et qui investit l’Europe depuis 1912 (cf. Boulard 1979 a, entre autres). Également paurométaboles, les Membracidés n’ont, à dire vrai, ni juvéniles ni larves, mais plutôt des larvoïdes, organismes postembryonnaires à mi-chemin entre les deux, tant les différences morphologiques avec les imagos sont grandes. Fréquemment grégaires, jusqu’à former des colonies populeuses composées tout à la fois de larvoïdes (ceux-ci non sauteurs) et d’imagos (à détente vigoureuse), les Membracidés sont alors des trophobiontes régulièrement assistés par des Fourmis d’espè ­ ces diverses, toutes friandes du miellat qu’ils pissotent (voir la fig. 28). Ponte souvent endophyte, ou bien juste insérée dans les premières couches des rameaux ligneux ou tendres de leur plante nourricière, les oeufs pouvant alors, suivant les espèces, être recouverts d’une cire laineuse ou laquée.	fr	Boulard, M. (2002): Diversité des Auchénorhynques Cicadomorphes Formes, couleurs et comportements (Diversité structurelle ou taxonomique Diversité particulière aux Cicadidés). Denisia 4: 171-214, DOI: 10.5281/zenodo.10550994, URL: https://www.zobodat.at/pdf/DENISIA_0004_0171-0214.pdf
107487EEB27CFFF15B4FFF60F7FBF753.taxon	description	Les Aetalionidés (ou Aethalionidés), proches parents des précédents, ont un pronotum un peu plus développé que chez les Cicadelles, mais qui laisse le scutellum à découvert, lequel, à son tour, peut devenir hypertélique, tandis que la tête peut être doublement cornue. Pour la plupart, ce sont des auchénorhynques paurométaboles vivant en colonies populeuses assistées par les Fourmis; il en est spectaculairement ainsi dans les genres Aetalion (Aetalioninae) et Bitturitia (Biturritiinae). Un petit nombre toutefois, tel Tropidaspis cornuta Haviland-Brindley, vit plus en solitaire. Les femelles insèrent leurs oeufs dans des scarifications qu’elles pratiquent elles-mêmes, mais qu’elles laissent largement ouvertes, ou bien elles les disposent dans des oothèques cireuses en forme d’ épaisses galettes tout juste insérées sur les rameaux de leurs plantes nourricières (cf. Azevedo Marques 1928, Brown 1976, Boulard 1999 b) (fig. 40). Les Darthula, genre monospécifique (Darthula hardwickii Gray, Aetalioninae Darthulini), méritent d’être cités dans ce travail. C’est peut-être l’espèce la plus éloignée mor ­ phologiquement de toutes les autres, mais c’est surtout la plus localisée, puique elle se rencontre uniquement dans les contreforts Sud Himalayens, alors que le reste de la famille a une distribution néotropicale. Les Darthula, qui vivent en colonies, ressemblent à de très grosses Cicadelles d’environ 28 mm de long, à tête très infléchie vers le bas et l’arrière, au thorax fortement bossu, l’abdomen prolongé par un curieux processus caudal long d’une douzaine de millimètres et relevé vers le haut (cf. Colthurst 1931, Evans 1946).	fr	Boulard, M. (2002): Diversité des Auchénorhynques Cicadomorphes Formes, couleurs et comportements (Diversité structurelle ou taxonomique Diversité particulière aux Cicadidés). Denisia 4: 171-214, DOI: 10.5281/zenodo.10550994, URL: https://www.zobodat.at/pdf/DENISIA_0004_0171-0214.pdf
